Le Masque revient -sans la Rose, laissée à la gentille Maïa Mazaurette, mais nous en reparlerons- à peine du Salon du Livre 2009. Et c’était globalement décevant…
La dernière fois que je suis allé au Salon du Livre, c’était il y a au moins 10 ans, avec ma classe. J’en avais un souvenir agréable (probablement magnifié par le fait que cela appartienne au passé), et ce malgré un épisode traumatisant: l’oubli dans le métro, au retour, du sac rempli de livres achetés sur place et de goodies (le marque-page Animorph avec mon visage transformé progressivement en animal, über-classe!). Je m’en souviens comme d’une espèce de librairie géante, où l’on pouvait flâner et feuilleter un livre au hasard, un espace libre, calme.
Retour au présent. Le Salon du Livre 2009, c’est un hangar gigantesque rempli d’exposants. Mêlés aux éditeurs traditionnels, on trouve entre autres des éditeurs régionaux: éditions Aquitaine, Bretagne, et même des stands Québec. Et je cite: «On ne fait pas que des livres de cuisine, on a aussi des livres sur le patrimoine local.» Ambiance «Mais si je vous jure, on a des vrais romanciers et tout!». Great.
Arrivée un peu après 15h30, le Masque dans le sac (c’est qu’il fait chaud dessous!) et la Rose dans la poche interne de la veste -ne pas se dévoiler tout de suite. Petit tour rapide: des radios, des magazines (gros stand Les Inrocks pile dans l’entrée), les éditions Sciences Po, le stand de la Bibliothèque Nationale de France (la rétrospective sur L’enfer de la Bibliothèque donne un livre vraiment intéressant), et surtout du monde, beaucoup de monde (et la traditionnelle chaleur accompagnant une telle masse). On est loin de l’atmosphère de «librairie géante», ici c’est plutôt de la démonstration, de l’étalage. Aucune envie de prendre un livre et de tranquillement l’ouvrir et le déguster (j’exagère un peu, mais les stands clairs, espacés et aérés n’étaient pas légion). Les gens se bousculent (la Rose en a souffert, d’ailleurs), se rentrent dedans sans ciller, sans un mot d’excuse. La consommation de masse appliquée à l’univers du livre.
Au milieu de ce chaos, la sémillante Maïa Mazaurette. Une fois le stand repéré (ce ne fut pas une mince affaire), je me pare du Masque et de la Rose, et m’approche timidement, Dehors les chiens, les infidèles en main. Conversation charmante pendant la dédicace (ce joli dessin), et ce malgré mon Masque qui l’intrigue quelque peu ( «Je peux voir ton visage quand même? Donne moi ton prénom pour la dédicace!» Bien essayé, Maïa, mais plus tard peut-être… Le personnage vient de naître, laissons-lui le temps de vivre!). J’ai malheureusement raté tous les Sexacteux, apparemment venus la veille en force… A quand un regroupement massif organisé?
Enfin possesseur de ma première dédicace ever (si si!) et ayant offert ma rose à Maïa au passage («Y en a une pour moi?»), je me dirige vers la sortie. Petit détour vers le stand consacré aux appareils fonctionnant à l’e-ink (ce truc qui doit remplacer le papier sous peu et faire passer les livres à l’ère de la numérisation). Fétichistes du livre rassurez-vous, ce n’est pas pour aujourd’hui! Les appareils sont très, très peu ergonomiques, les changements d’une page à l’autre sont affreux visuellement (gros écran noir d’un coup puis nouvelle page qui s’affiche), les écrans pliables et/ou en couleur ne seront pas là avant au moins un an -si ce n’est plus…- et il n’existe pas de réelle plateforme (à la iTunes) recensant toutes les œuvres numérisées. Bref, tout ce qui pourrait en faire un autre moyen viable de lire n’est pas en place, cela reste actuellement basique (par contre y a des super options très utiles: vas-y que je t’affiche la Joconde en niveaux de gris et que je mets une prise jack 2.5mm -pour les non-initiés, c’est pas la prise standard pour brancher un casque- comme ça tu peux écouter tes mp3 aussi dessus, le Jeune!). C’est dommage, car il y a moyen d’avoir un super produit, mais les technos grand public ne suivent pas. See you in ten years guys!
Petit bonus juste avant la sortie, devant le studio de Radio France si je ne m’abuse: découverte musicale de The Soul Rebels Brass Band, composition jazz de cuivres qui m’a fait passer cinq très bonnes minutes de live (c’était la fin de leur petit show). Moralité, au Salon du Livre l’ouïe est plus choyée que la vue. Fail!